Parallèlement au (mais indépendamment du) retour sur scène de Machin (qui se trouvait être aussi le groupe de Thiéfaine dès 1977), Jean-Pierre Robert, l'ancien compositeur de ce groupe néo-folk franc-comtois, reprend du service dans une carrière solo jadis envisagée mais vite abandonnée.
Helvète et silencieux depuis vingt ans, c'est depuis les montagnes suisses que Robert nous envoie ce petit bijou d'humour (mais pas seulement) tout écrit par son ancien comparse de Machin, Angel Carriqui. Que des petites histoires, parfois des portraits en crayonnés tendres ou incisifs -c'est selon-, des fables et autres observations bien vues. Robert s'accapare la quasi-totalité des instruments, dans un grand panel musical qui va du folk-song au déjà jazz. C'est réjouissant !
Jean-Pierre Robert, guitariste du groupe Machin exilé en Suisse, repart en solo avec un répertoire traitant des choses de la vie, sur fond humoristique. Il a dernièrement été primé à Tarbes avec un extrait de son dernier album, Point net.
Au départ était le groupe Machin. De 1975 à 1981, Jean-Pierre Robert enregistre trois albums folk et effectue des centaines de concerts avec ce groupe franc-comtois. En parallèle, Machin accompagne un Hubert-Félix Thiéfaine tout jeune mais dont le succès dépasse rapidement celui du groupe, au point que mener les deux projets de front s’avère impossible. C’est ainsi que les quatre musiciens partent chacun de leur côté. Jean-Pierre Robert sort rapidement deux albums solo, J’veux pas chanter en mesure et Un jour sans autre, jusqu’au milieu des années 80. C’est à cette époque qu’il émigre de l’autre côté de la frontière, à Porrentruy (JU), où il a trouvé l’amour. Mais il prend aussi une semi-retraite artistique, se consacrant au Conservatoire puis à l’enseignement de la musique.
C’est en 1999 qu’un déclic se produit, lorsque Thiéfaine invite ses anciens comparses de Machin à célébrer avec lui ses vingt ans de scène, au Zénith de Paris devant 18 000 personnes. Machin est alors progressivement remis sur les rails, et Jean-Pierre a également retrouvé l’envie de se produire en solo. Une phase de transition est cependant nécessaire, avant qu’il ne remporte en 2003 la Médaille d’Or de la chanson française de Saignelégier (JU). Cette fois c’est parti, Jean-Pierre reconstitue un répertoire, reprend les concerts sous son nom et travaille dès lors à l’élaboration de son troisième album solo.
C’est ainsi qu’en 2004 il sort un CD deux titres annonciateur de l’album Point net, paru en octobre 2006. Celui-ci contient douze morceaux, de la chanson certes, mais surtout un panel de styles musicaux diversifié qui sort du cadre habituel. Bossa, ragtime, funk et autres couleurs sont abordés, et qui mettent en valeur des textes d’humeur et d’humour écrits par Angel Carriqui, le complice de toujours. Un disque qui lui permet de passer à Radio Paradiso, à Label Suisse et au Festival Voix de fête de Genève, ou il est bien accueilli. « Je ne fais pas de la chanson francophone pure, je suis quelqu’un d’ouvert à d’autres couleurs et donc parfois en porte-à-faux par rapport aux canons du genre. Mais quand je fais ce qui me correspond, ça marche. Reste maintenant à promouvoir le disque côté français, et il y a beaucoup de travail », explique l’artiste bruntrutain. À l’écoute, ça ne devrait cependant pas poser beaucoup de problèmes.
Focus
Jean-Pierre Robert a été lauréat de plusieurs concours musicaux. Dont, à 17 ans, l’examen d’entrée du P’tit Conservatoire de Mireille, à Paris, qui a découvert entre autres Françoise Hardy et Michel Berger. « Je n’avais pas les moyens de monter à Paris, donc j’ai laissé tomber. Mais j’ai continué ma route », explique-t-il. Il poursuit : « La Médaille d’Or m’a permis, à l’époque, de sonder la réaction du public et des professionnels quant à mon répertoire, et gagner m’a encouragé. Le Pic d’Or à Tarbes [qu’il a remporté il y a deux mois, ndr], je l’ai plus fait pour nouer des contacts en France, et je crois que ça se passe bien. Mais je trouve un peu particulier ces concours musicaux, on ne fait pas du foot tout de même. Actuellement, je les fais donc dans un but promotionnel, y a pas le choix avec le nombre d’artistes qui tournent ». Le problème est le même pour tout le monde...
Notre avis
Ce qu’on aime bien chez Jean-Pierre Robert, c’est la variété de styles et d’ambiances, qu’il revendique, même si elle peut être parfois déroutante pour les puristes de la chanson. En cela, Point net propose un éventail plaisant, avec des musiques dépouillées ou au contraire soutenues par un groupe. « J’aimerais bien tourner avec un groupe plus régulièrement, pour les grandes scènes par exemple. Mais on m’a déjà reproché que ce n’était plus de la chanson. Et ce n’est pas du rock… », explique-t-il. D’où problème : « Mais je m’en fiche, je veux être fidèle à moi-même ». Newzik ne peut que l’appuyer dans sa démarche artistique.
Jean-Pierre Robert primé à Tarbes lors d'un concours de chanson
Si le bruntrutain Jean-Pierre Robert aime la scène, il aime aussi les concours. Après avoir remporté la Médaille d'Or de Saignelégier 2003, le chanteur s'est illustré la semaine dernière à Tarbes, dans les Pyrénées.
Des chanteurs de tous bords et de toute la francophonie s'étaient donné rendez-vous en fin de semaine dernière à Tarbes, dans les Pyrénées Françaises, à l'occasion du Pic d'Or, un concours national de chanson. L'auteur, compositeur et interprète bruntrutain Jean-Pierre Robert en a profité pour se dintinguer et rafler un prix.
Chaque groupe ou chanteur devait choisir deux titres de son répertoire, en chanter un lors des éliminatoires et le second lors des demi-finales, si tant est qu'il arrive jusque-là. Jean-Pierre Robert a franchi ce cap sans mal grâce à deux morceaux présents sur son dernier disque, à savoir : Elle vendait des bigoudis et Le salaud qui payait pas ses impôts.
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" Le concours se déroulait sur deux jours, avec la finale le vendredi. Après m'être qualifié, je me suis dit qu'il fallait que je mise sur l'interprétation plus que sur les paroles ou la musique. J'ai donc choisi d'interpréter une seconde fois Le salaud...", raconte Jean-Pierre Robert.
Un pari payant puisque l'artiste français exilé en Suisse, a effectivement remporté le prix d'interprétation du Pic d'Or.
"J'ai participé à ce concours d'envergure nationale pour me faire connaître dans le Sud-Ouest de la France et, au vu des différents contacts établis sur place, il se pourrait que quelque chose s'organise bientôt", note le guitariste, logiquement satisfait de sa prestation. (sf)
Le Quotidien Jurassien
Ça joue aux Mots Tabous
Jean-Pierre Robert, guitariste du groupe Machin « exilé » en Suisse, présentera
son nouvel album solo samedi dans l’antre de Pascal Mathieu, au 5 rue de Vignier.
« Notez bien que Johnny n’a fait que m’imiter. Moi, voilà plus de vingt ans que je suis parti en Suisse. Mais ça n’était pas pour échapper au fisc. Pour ma part, je suis à Porrentruy, lui, comme il remplit les stades, il a choisi Gstaad... » Le ton est donné.Toujours prompt à la blague, Jean-Pierre Robert est à la ville comme à la scène. Tendre et spirituel. Avec cette audace des timides qui pousse à la facétie. Avec son complice, Angel Carriqui (LE parolier de Machin qu’il connaît depuis les bancs du collège) Jean-Pierre Robert vient de sortir un nouvel album solo :« Jean-Pierre Robert Point Net ». Bien sûr, le style Machin n’est pas loin, et pour cause. Et les douze titres mêlent joyeusement humeurs, humour et amour.
Un opus qui a du chien, écrit avec son complice Angel Carriqui (ici au premier plan) également parolier du groupe Machin.Photo Ludovic LAUDE
Mais, comme le titre du CD semble l’indiquer, il s’agit plus là d’un bilan personnel. Pour faire tourner ces textes ourdis par l’ami Carriqui et ces musiques écrites par lui, le virtuose et multi-instrumentiste, en marge des concerts de Thiéfaine et de Machin, qui ont assis son statut de musicien. « Oui », commente l’intéressé, « je me suis dit qu’aujourd’hui il y avait peut-être la place pour ce type de chansons.Le public s’intéresse plus aux textes qu’avant. » En la matière, il est servi. « Point Net » recèle bien des pépites (du genre « Ni sable ni goélands,On reste nigaud et lent »). Sachant que l’artiste ne se veut pas chanteur à message, « ou alors à SMS ! »
Quant aux musiques, la gamme est variée qui va du swing manouche (Le Camembert amoureux, Reprends ton paradis) au rock (Le Salaud qui payait pas ses impôts) en passant par le slow (Pince-mi et pince-moi), la fanfare (La Mayonnaise qui a mal Tourné), la bossa (Comme un malaise) ou la chanson type Bourvil (Elle vendait des bigoudis). L’ensemble composant un répertoire primesautier et printanier en diable.
Après deux albums solos (désormais introuvables mais qu’il est question de rééditer), fortifié par la Médaille d’Or de la Chanson qui lui a été décernée en 2003 en Suisse, Jean-Pierre Robert parle avec ce « Point net » de « résurrection, c’est vraiment un retour à la scène en solo, j’en avais envie et ça fait du bien. Bref, c’est que du neuf... de Pâques. » A découvrir donc sur scène, samedi aux Mots Tabous. Et sur disque en écoutant « Jean-Pierre Robert Point Net ». Un opus qui a du chien. Pierre LAURENT
● Concert samedi à 20 h 30 aux Mots Tabous, 5 rue de Vignier.
● Le CD « jeanpierrerobert - pointnet » est disponible chez Forum et en commande et écoute sur le site internet www. jeanpierrerobert.net.
l'est républicain
Jean-Pierre Robert : "je stresse mais... je me soigne"
Artiste complet. Jean-Pierre Robert joue de plusieurs instruments: guitare, piano, banjo, flûte, saxo, harmonica, ukulélé...
Ex-guitariste d'Hubert-Félix Thiéfaine, Jean-Pierre Robert se la joue aujourd'hui en solo. Ce Français exilé dans le Jura sort son quatrième CD.
Dernier album : Point net ( distribution Disques Office) disponible également sur www.jeanpierrerobert.net
C'est un personnage sorti d’une comédie franchouillarde en noir et blanc, mélange de Francis Blanche et de Bourvil, jouant avec les mots et les notes Un musicien funambule, tendre et passionné, qui aime souvent faire des pitreries sur scène avec ses chansons drôles. Ce français de 51 ans exilé en Suisse – « J’ai choisi d’y habiter bien avant Johnny », rigole-t-il – s’est fait connaître avec le groupe Machin qui eut son heure de gloire il y a une vingtaine d’années, avant d’être le guitariste attitré de Hubert-Félix Thiéfaine.
Il roule aujourd’hui en solo – et toujours à vélo – avec la sortie d’un quatrième album : Point net. Comme point barre ou un point c’est tout. Du Robert pur sucre, qui semble passer sa vie à s’amuser.« Si le Kama-Sutra était une partition musicale, Jean-Pierre Robert, l’aurait écrite à coup sûr », s’est exclamé un critique. Cela le résume à merveille.
Je craque pour... «le cirque, qui me passionne. J'aime rendre visite aux artistes du cirque Starlight (ici en répétition) où mon fils Noé, aujourd'hui au Cirque du Soleil, à Montréal, a fait toutes ses classes. Ce sont des amis ... »
Je me détends avec… « Des trajets sur ma bicyclette. Surtout entre chez moi et mon lieu de travail où je donne des leçons de musique, à Porrentruy.»
L'ILLUSTRÉ 28 mars 2007
Texte: Arnaud BédatPhotos: Robert Siegenthaler
ENTRETIEN AVEC JEANPIERREROBERT
jean-pierre robert, il y a quelques années, vous avez été guitariste et membre-fondateur du groupe Machin…
C'est exact….
Vous avez également accompagné Hubert-Félix Thiéfaine à ses débuts …
C'est vrai aussi... On a d’ailleurs rejoué avec Hubert en 98 à l'occasion de son passage à Bercy. C'est là qu'a germé dans nos têtes l'idée de reconstituer le groupe Machin.
On a recommencé les concerts en 2003 et sorti une compile de nos anciens albums ainsi qu'un cd live avec de nouveaux titres. Actuellement on prépare un cd studio.
A la séparation du groupe Machin, vous avez aussi quitté Thiéfaine pour tourner seul, vous avez même enregistré 2 albums…
Effectivement, j'ai tourné en spectacle solo pendant environ 5 ans. Les albums ont été produits par Hervé Bergerat, le producteur de Machin et de Thiéfaine.
Je pense d'ailleurs les faire ressortir prochainement car je sais qu'il y a des gens qui aimeraient bien les avoir.
A ce moment- là, vous avez décidé d'arrêter la scène. Pourquoi ?
Des années de tournée, ça fatigue un peu et j'avais envie de vivre autre chose. En fait, bien avant Hallyday, j'avais choisi d'habiter en Suisse.
Mais dans mon cas, le fisc français n'a pas perdu grand-chose. J'ai donc arrêté de tourner parce que j'en avais un peu marre de la musique.
Et vous avez fait quoi à partir de ce moment là ?
Euh… principalement de… la musique. J'ai repris des études de conservatoire et obtenu un joli diplôme de piano. J'ai composé des trucs pour le théâtre, pour des courts métrages, le cirque, même pour la pub. J'ai réalisé des disques de groupes régionaux. J'ai été chef de chœur (super expérience). Et depuis quelques années je suis prof de musique…
Quelles sont les raisons qui vous poussent à remonter sur scène aujourd'hui ?
C'est exactement l'inverse de celles qui m'ont fait arrêter… [rires] … On ne se refait pas…
Et le fait de remporter le concours de la chanson jurassienne pour l'Exposition Nationale Suisse en 2002 et une année plus tard « la Médaille d'Or de la Chanson » à Saignelégier (en Suisse), ça aide ?
Oui ça m'a rassuré et permis de constater que je pouvais encore com-poser et me tenir sur scène. J'ai beaucoup de tendresse pour « La Médaille d'Or ». Ma nouvelle motivation pour la scène c'est aussi à ce concours que je la dois. Il y a très longtemps j'avais déjà décidé de faire de la chanson après avoir réussi l'audition d'entrée au « Petit Conservatoire de la Chanson » de Mireille (avec félicitations et tout et tout !). Je n'ai pas pu suivre ses cours mais ça m'a orienté dans mes choix de vie. J'avais seize ans, je crois.
Dans « point net » vous écrivez comme toujours vos chansons avec Angel Carriqui, également parolier du groupe Machin, pourquoi cette longue fidélité ?
Faut bien que je trouve à l'occuper sinon il devient insupportable [ grimace ] ...non, Angel, est un ami d’enfance (on a écrit ensemble nos premières comptines) et comme c’est un parolier de talent je ne me prive pas de l’exploiter honteusement. Angel Carriqui est un auteur qui gagne a être connu.
Douze chansons dont la plupart racontent des histoires, il y a des araignées super héros, des camemberts amoureux, des vendeuses de bigoudis, c'est une vraie bande dessinée…
C'est vrai, on pourrait dire ça comme ça…
Pour l’orchestration vous allez de la guitare seule jusqu'à la fanfare mais pas de synthé ni même de guitare électrique…
Ce disque est avant tout un disque acoustique car je voulais qu’il sonne comme la scène. J'ai essayé de garder la spontanéité du musicien autodidacte que je suis à la base tout en utilisant les techniques de composition et d'harmonie que j'ai apprises notamment au conservatoire.
Vous avez enregistré vous même la plupart des instruments de cet album, combien d'instruments pratiquez-vous ?
Surtout la guitare, le piano et le chant (et oui le chant est un instrument qui se travaille !) il y a aussi le saxo (c'est mon premier instrument) le banjo, l'harmonica, etc…
puis des instruments sur lesquels je ne sais jouer qu'un ou deux titres, suivant les besoins, comme font les clowns…
Et sur scène, vous faites un genre de show, avec des chansons, mais aussi des apartés, des digressions…qui vous amènent à une certaine complicité avec le public, c'est quasiment des sketches, non ?
Pourquoi pas, je fais un peu le « show man »… et puis je conçois mal pour moi un spectacle sans échange avec les gens…
Comme Camille, Emilie Simon ou d'autres, vous utilisez un looper sur scène ?
Oui, c’est un petit boîtier électronique qui permet d'enregistrer des phrases musicales et de les reproduire en boucles instantanément. On peut créer ainsi des parties orchestrales et chorales complètes.
Utilisé en direct sur scène le looper devient un véritable instrument qui correspond bien à mon tempérament « d'homme-orchestre ».
Vos chansons sont souvent drôles…
Pas toutes... mais l'humour est une manière comme une autre d'aborder tous les sujets même douloureux. « Elle vendait des bigoudis » est une chanson qui fait beaucoup rire, elle traite pourtant de la solitude... mais d'une manière amusante et non apitoyée…
Une fois, une spectatrice m’a raconté avoir pleuré pendant « La mayonnaise qui avait mal tourné » alors que les autres gens riaient.... Elle avait raison, cette histoire n'est pas drôle du tout... la façon de la raconter si…
Avec votre expérience, vous vous sentez aujourd’hui un peu plus chanteur à message ? A message, non, pas du tout… ou alors [en brandissant son téléphone] à SMS à la rigueur…
jeanpierrerobert plus net que jamais
Corne de bouc et tabernacle. Jean-Pierre Robert sort de son exil volontaire en Helvétie avec un nouveau 33 tours sous le bras. Enfin, aujourd'hui on dit « CD ».
Et du même coup, il en profite pour faire la promo de son site Internet. Non pas « jeanpierrerobert.com » comme écrit dans ces colonnes par erreur ( humanum est ), mais « point net » comme le titre de son album l'indique.
Le nouveau jeanpierrerobert est arrivé. Point barre... ...euh non... point net.
Désormais rompu à l'ère multimédia, notre homme a perdu pas mal de cheveux depuis « J'veux pas chanter en mesure », son tout premier effort en solitaire qui remonte à 1983. Comme le temps passe… Et c'est avec un look à la Barthez que JPR revient sous son nom de baptême. Jean-Pierre Robert s'est fait connaître comme le guitariste incontournable du groupe Machin, et du même coup d'Hubert-Félix Thiéfaine première époque.
Clown échangiste
Un guitariste d'exception. Capable de tout jouer, du folk au blues en passant par le rock dur, la valse molle, le tango-flamenco et la bourrée thaïlandaise au cas où ça existerait. Autant dire que si le kamasutra était une partition musicale, Jean-Pierre Robert l'aurait écrite à coup sûr. Ce disque « point net » -son troisième- c'est donc douze tranches de bonheur soutenues par une guitare impeccable. JPR y croise son talent avec celui de son parolier, Angel Carriqui (le 5e homme du groupe Machin), aussi habile en contournement de chansons paillardes qu'en artisan de la ritournelle poétique.
Jean-Pierre Robert est ainsi alternativement drôle («Le camembert amoureux» «Mon dieu, mon dieu»), tendre («Comme un malaise», «Reprends ton paradis») et manifestement surréaliste («La mayonnaise qui avait mal tourné») histoire de nous changer de la triste mièvrerie néoréaliste. À noter le recyclage d'anciens titres comme «Look garou» ou l'histoire de «celui qui payait pas ses impôts».
Joueur de mots et de notes, le clown « Bébert » reprend le chemin de la scène dans le cadre de «Duo pacs», spectacle enfanté à quatre avec le groupe suisse L'Homme-Hareng-Nu et la comédienne Pauline Vermeille. Comme quoi en matière artistique, l'échangisme a ses vertus que le public, fin connaisseur, ne saurait bouder. Chanteur en démesure et hors normes depuis maintenant une bonne trentaine d'années, Jean-Pierre Robert n'a toujours pas fini de nous étonner.